En France, le détecteur de fumée DAAF est obligatoire dans tous les logements depuis 2015. Pourtant, beaucoup ignorent encore qui doit l’installer, où le placer, ou ce qu’ils risquent en son absence.
Le détecteur de fumée reste l’équipement de sécurité le plus simple contre les incendies domestiques. Bien installé et entretenu, il double les chances d’alerter les occupants à temps.
Quelle est l’obligation exacte ? Qui doit l’installer ? Où le placer, et combien en prévoir ? Voici un guide complet sur le détecteur de fumée.

Qu’est-ce qu’un détecteur de fumée (DAAF) ?
Le DAAF, pour Détecteur Avertisseur Autonome de Fumée, surveille en permanence l’air ambiant. Dès qu’il détecte des particules de fumée, il déclenche une alarme sonore puissante.
La quasi-totalité des modèles vendus en France utilisent un capteur optique. Ce capteur fonctionne par dispersion de la lumière et détecte efficacement les feux couvants comme les flammes vives.
Les détecteurs à ionisation, eux, sont désormais interdits en France. Ils contiennent un composant radioactif, jugé incompatible avec un usage domestique généralisé.
Le détecteur de fumée est-il obligatoire ?
Oui. L’obligation découle de la loi Morange du 9 mars 2010 et de son décret d’application. Depuis le 8 mars 2015, tous les logements en France doivent être équipés d’au moins un détecteur de fumée conforme.
Le détecteur doit être certifié selon la norme NF EN 14604 et porter le marquage CE. Cette exigence diffère de celle qui encadre le reste de l’installation électrique. Cette dernière est régie par la norme NF C 15-100.
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas d’amende automatique en cas d’absence de détecteur. En revanche, cette absence peut être retenue contre le responsable du logement en cas d’incendie.
Qui doit l’installer et l’entretenir : propriétaire ou locataire ?
En location, la règle est claire. Le propriétaire doit fournir et installer le détecteur de fumée. Cela se fait au moment de la mise en location ou du renouvellement du bail.
L’entretien courant revient ensuite à l’occupant du logement. Cela inclut le test régulier de l’appareil, ainsi que le remplacement de la pile si le modèle le permet.
Dans le cas d’une résidence principale occupée par son propriétaire, celui-ci reste seul responsable. L’installation comme l’entretien du détecteur lui incombent entièrement.
Où installer son détecteur de fumée ?
L’emplacement conditionne directement l’efficacité du détecteur. Quelques règles simples permettent une installation correcte :
- toujours au plafond, jamais sur un mur ;
- de préférence dans un couloir ou un dégagement desservant les chambres ;
- à au moins 50 cm de tout mur ou angle ;
- jamais dans une cuisine ou une salle de bain, où la vapeur déclenche de fausses alarmes.

Combien de détecteurs prévoir dans un logement ?
La loi impose un minimum d’un détecteur par logement. Ce seuil reste toutefois insuffisant pour une maison à étages ou un grand appartement.
En pratique, il est recommandé d’installer un détecteur par niveau. Un supplémentaire est utile près de chaque zone de chambres si le logement est étendu. Comptez généralement 2 à 3 détecteurs pour 100 m².
Certains modèles connectés peuvent aussi s’intégrer à un système domotique existant, avec des notifications directement sur smartphone. C’est le cas par exemple de la solution Netatmo.
Quel détecteur de fumée choisir ?
Deux références fiables et largement utilisées en France :
| Ei Electronics EI60-3XFR | Electra 302430 | |
| Alimentation | Pile lithium 3V remplaçable | Pile lithium 3V scellée |
| Autonomie pile | 5 ans | 10 ans (durée de vie totale) |
| Puissance sonore | 85 dB(A) à 3m | 85 dB(A) |
| Garantie | 5 ans | 5 ans |
| Normes | EN 14604:2005, NF DAAF | EN 14604:2005, EN 61000-6-3 |
Que risque-t-on sans détecteur de fumée conforme ?
En cas d’incendie, l’absence de détecteur peut jouer contre le propriétaire, aussi bien devant son assurance que devant la justice. Une réduction d’indemnisation reste possible si le logement n’était pas équipé.
Le propriétaire doit également remettre une attestation d’installation à son assureur. Ce document simple confirme que le logement respecte l’obligation légale.
Au-delà de l’aspect réglementaire, un détecteur qui fonctionne reste avant tout une question de sécurité pour les occupants du logement.
Et le détecteur de monoxyde de carbone ?
Le détecteur de monoxyde de carbone répond à une norme différente (EN 50291). Il n’est pas soumis à la même obligation légale que le détecteur de fumée. C’est un sujet à part entière, que nous détaillerons dans un prochain article.
FAQ - Détecteur de Fumée DAAF
- Le détecteur de fumée est-il obligatoire en France ?
Oui, depuis le 8 mars 2015, dans tous les logements, en application de la loi Morange.
- Qui doit installer le détecteur de fumée en location ?
Dans le cadre d’une location, le propriétaire fournit et installe le détecteur ; le locataire assure ensuite l’entretien courant (vérifications du bon fonctionnement de l’appareil, tests sonores, changements de pile).
- Où placer son détecteur de fumée ?
Nous conseillons d’installer son détecteur de fumée au plafond, dans un couloir desservant les chambres, à au moins 50 cm des murs.
Nous recommandons de ne jamais installer de détecteur de fumée dans une cuisine ou salle de bain. - Que risque-t-on sans détecteur conforme chez soi ?
L’absence de détecteur de fumée ne constitue pas une amende automatique, mais une responsabilité engagée en cas d’incendie, pouvant affecter l’indemnisation assurance.
- Un détecteur à ionisation est-il autorisé ?
Les détecteurs à ionisation ne sont pas autorisés aujourd’hui, seuls les modèles à capteur optique sont autorisés en France.
- Faut-il aussi installer un détecteur de monoxyde de carbone ?
Le détecteur de monoxyde de carbone est un équipement différent, non soumis à la même obligation : sujet traité dans une prochaine publication.

